Un Honnête Commerçant





Septième semaine

Mardi 28 août 2001

Déjà quelques-uns commencent à déprimer. Bientôt la fin tournage. La colonie va se terminer, on va quitter les copains.

Direction Waterloo, où nous retrouvons nos tueurs favoris sauf celui à la merde de chien, que même ses collègues ont du mal à supporter. Voiture travelling aujourd'hui. Tous dehors au soleil pour une journée mixte (15h-24h). La police est venue en renfort, pour nous encadrer dans notre périple waterlotois sur leur belle moto filant au vent dans le soleil couchant. Maquillage de lampadaires, une belle dominante verte, teints blafards.

Mercredi 29 août 2001

Début du film, séquence 1 et 2. Le coupable de l'odeur nauséabonde est enfin identifié. C'est le chien de la costumière. Pourtant il avait l'air innocent sous ses longs poils. Fais gaffe Agnès, il est atteint de la mityo-practose.

La tendance s'inverse, Hubert est surveillé de toute part. Mais il ne semble pas s'en inquiéter outre mesure, en tout cas pas aujourd'hui. Nous découvrons la nouvelle maison de Verkamen. Il a bien changé Hubert depuis son petit appartement où sa femme le trompait.

Jeudi 30 août 2001

La police envahit la rue de Verkamen. Vrais et faux flics se promènent rue de la Bergerie, effrayant les quelques voisins pas encore prévenus. Arrestation musclée. Hubert Verkamen est toujours libre, mais pour combien de temps encore ? Le face à face Bex/Verkamen arrive à son apogée, qui aura le dernier mot ?

Vendredi 31 août 2001

Deuxième nuit de la semaine, une des plus difficiles. Vers 5h du matin, imaginer son lit, le poids de son corps s'enfonçant sur un matelas, les draps déposés sur son corps et la douce torpeur du sommeil. Mais sous la pluie, dans le froid, quand l'équipe attend désespérément que l'averse cesse pour tourner le dernier plan de la journée, ce type de rêverie tient du sado-masochisme.

Moment crucial, Denoote/Bex/Verkamen, la tension monte, la dernière erreur est attendue. Les gyrophares rythment la nuit.

Enfin après de longues, trop longues minutes d'attente, l'accalmie, on peut tourner. Jamais un "fin de journée" crié par Joël, le premier assistant, ne fut aussi doux à entendre.

Petit déjeuner au champagne et en pyjama pour l'anniversaire d'Olivier Hespel, l'ingénieur du son. Et puis, vite, tous au lit.

Samedi 1er septembre 2001

Retour de Philippe Noiret (et de la cohorte de journalistes et curieux qui le poursuivent). Dernier jour pour lui ainsi que pour Yolande Moreau et pour Frédéric Bodson. Ils vont nous manquer. De la brume dans le lointain, un fantôme hante la rue en compagnie de Verkamen. Ambiance féérique cette nuit.

Pour le dernier plan de Monsieur Chevalier, salve d'applaudissements et champagne. Monsieur Noiret quitte le groupe en vitesse. "Je n'aime pas les adieux", dit-il, se faufilant parmi nous. Avec un pincement au coeur nous le regardons s'éloigner.

Dimanche 2 septembre 2001

Dernier jour de tournage. Beurk, beurk! Vraiment finie la colonie. Plus jamais, sans doute, nous ne retravaillerons tous ensemble. Philippe, s'il-te-plaît, ajoute un ou deux autres plans. C'est trop tôt pour s'arrêter.

Nous tournons à l'intérieur cette nuit. Hubert, toujours aussi calme face à l'adversité, évite de se faire platement descendre par les tueurs à la crotte de chien, indélicatement rentrés chez lui.

Et voilà, un tournage de plus. Mais pas n'importe lequel, calme, très calme. Rarement une ambiance sur un plateau ne fut aussi détendue, un climat de travail très stimulant et enrichissant.

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